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Une diplômée de l’ESILV sélectionnée pour une simulation de mission spatiale 100% féminine sur Mars

Interview

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11/06/2020

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Aujourd’hui, coup de projecteur sur une diplômée de l’ESILV qui a été sélectionnée pour participer à une mission analogue à la Mars Desert Research Station (MDRS), aux États-Unis, avec 5 autres femmes scientifiques provenues de 4 pays. Laurène Delsupexhe, ESILV [promo] 2019, sera l’ingénieure de Womars, un équipage 100% féminin choisi par la Mars Society pour simuler une expérience de vie martienne, du 30 janvier au 14 février 2021.


Après une campagne de crowdfunding réussie, les 6 filles de l’équipage “Womars” se préparent à enfiler leurs combinaisons spatiales. Le 30 janvier 2021, elles embarqueront dans un voyage hors du commun. Destination ? Mars !  Ou presque …

(...)


Aux côtés de deux géologues (dont une commandante), d’une “Executive Officer”, d’une scientifique et d’une biologiste, Laurène Desupexhe, élève-ingénieure en 5e année à l’ESILV, en majeure Modélisation et mécanique numérique, sera l’ingénieure de l’équipage. Elle sera responsable de la maintenance et du monitoring de la station analogue et de tous ses systèmes.


Une mission 100% féminine pour encourager le rôle des femmes dans l’espace

Sur le site de la mission baptisée “Womars”, les 6 astronautes analogues affirment vouloir promouvoir la place des femmes dans les sciences et l’éducation.

“Notre objectif, en tant qu’astronautes analogues sur Mars, est d’évaluer les performances scientifiques, sociales et médicales des femmes dans des conditions similaires à celles de Mars. Cette recherche vise à fournir des données cruciales sur les performances des femmes dans l’exploration spatiale, données qui font actuellement défaut pour la littérature scientifique.” (Womars)

“Le choix d’un équipage intégralement féminin porte évidemment sa symbolique : nous souhaitons refléter l’aptitude des femmes astronautes à mener à bien des missions d’exploration spatiale et l’importance de leur représentation au sein des corps d’astronautes.” (Laurène Delsupexhe, ESILV 2020)

Confinées pendant 2 semaines, dans un environnement hostile au milieu du désert d’Utah

Le site du Mars Desert Research Station

” Nous serons dans un environnement désertique et toute communication entre le centre de Mission Support de la Mars Society et la station MDRS aura un délai de 3 minutes et 7 secondes afin de reproduire les conditions martiennes. La Mars Society requiert donc que nous soyons toutes en bonne forme physique. De plus, un membre de l’équipe doit avoir une petite expérience médicale (premiers soins et/ ou secouriste).” (Laurène Delsupexhe, ESILV 2020)

Au sein de la Mars Desert Research Station (MDRS),  les 5 membres de l’équipage seront confinées pendant 2 semaines dans un habitat dépassant de peu la taille d’un studio, au beau milieu du désert d’Utah. Elles auront pour objectif de tester les outils et les procédures qui seront utilisés sur Mars, dans un environnement hostile, semblable aux missions spatiales.

Les combinaisons spatiales pour les sorties “EVA” pèsent environ 5 kilogrammes

” A chaque sortie/EVA, il est absolument primordial de porter une combinaison spatiale. Il y a donc une salle de « EVA Prep Room » avec les combinaisons intégrales et les radios. Une fois équipées, nous rentrons dans le « EVA Air Lock ». Celui-ci simule le temps d’attente imposé aux astronautes afin de dépressuriser leurs combinaisons. En effet, dans l’espace comme sur Mars, la pression est bien plus faible que sur Terre. Si les astronautes sortaient aussitôt après s’être équipés, ils risqueraient de subir un accident de décompression/ désaturation. Une fois dehors, nous pourrons nous déplacer en rover et accomplir les différentes activités prévues.”

Dans ce milieu isolé, outre les connaissances scientifiques, seulement la bonne dose de soft skills sera déterminante pour mener à bonne fin ce voyage.

” Il y aura plusieurs défis à affronter, celui psychologique étant évident : rester cloisonné pendant deux semaines dans un petit habitat est propice aux tensions. Afin de palier à cela, je pense que la première étape est de bien se connaître soi-même afin de pouvoir déterminer rapidement ce qui peut nous provoquer et nous irriter. Je sais que par exemple pour moi, il est crucial de pouvoir compter sur mes ami(e)s et collègues. Heureusement, mon équipage est composé de jeunes femmes fiables avec une intelligence sociale donc je n’ai aucun doute que nous saurons cohabiter en paix. L’aspect physiologique est aussi un point important. Pour donner un exemple, les astronautes à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS) font plus de deux heures de sport par jour afin de maintenir leur masse musculaire dans un environnement sans aucune gravité. Il sera nécessaire de suivre un régime sportif strict, tout d’abord afin de maintenir sa forme physique, mais aussi afin de maintenir un niveau correct d’endorphine, réduisant ainsi un risque de dépression.”  (Laurène Delsupexhe, ESILV 2020)

En plus d’assurer les opération de RAMM (repair and maintenance module) et les sorties EVA (Extra-Vehicular Activity), Laurène aura pour mission de tester les applications des mécaniques des fluides dans les systèmes de transport sur Mars.

Lors des missions Apollo, l’un des problèmes majeurs était le transport : c’est une chose de se poser sur la Lune ou sur Mars, c’en est une autre d’explorer ce corps céleste. Dans ce projet, nous allons étudier quel système de transport serait le mieux adapté à une exploration martienne. Seront prises en compte la cartographie du sol martien et l’étude de son atmosphère et de ses vents. Le JPL (Jet Propulsion Laboratory) de la NASA a l’intention d’ajouter un UAV/WSP (Unmanned Aeronautic Vehicle) au prochain rover martien ; comment se comportera-t-il ? Quelle importance en termes de taille pourrait-on accorder à l’UAV ? Une version adaptée d’un ULM (Ultra-Light Motor) pourrait-elle être considérée comme un moyen de transport pour les astronautes ? (Laurène Delsupexhe, ESILV 2020)

L’ESILV, le choix de la pratique au service de la théorie

En tant qu’étudiante passionnée par l’ingénierie aéronautique, Laurène s’est éprise des activités en association étudiante aux côtés de LeoFly, l’association étudiante d’aéromodélisme et AMMA, l’association d’arts martiaux mixtes.

J’ai intégré l’ESILV en septembre 2016, sur dossier, en 3ème année. Après un début d’études assez théorique à l’EPFL en Suisse, j’avais besoin d’une école me proposant d’appliquer les compétences acquises en cours. Ce que j’ai pu faire à l’ESILV : j’ai participé au Valeo Innovation Challenge en 3ème année puis au projet PERSEUS initié par la direction des lanceurs du CNES en 5ème année. (Laurène Delsupexhe, ESILV 2020)

Sensibiliser les femmes à l’exploration de la planète Mars

WoMars est le 241eme équipage sélectionné par la Mars Society pour effectuer une mission d’exploration spatiale au sein de la Mars Desert Research Station. Ce programme a pour ambition de préparer au mieux la future exploration habitée de la Planète rouge et la meilleure manière d’y parvenir.

“Dans ces environnements martiens, nous avons lancé un programme de vastes opérations d’exploration de terrain de longue durée, menées dans des conditions similaires à celles que l’on retrouve sur la planète rouge, ayant des contraintes similaires. Ainsi, nous avons entamé le processus d’expérimentation de l’exploration humaine sur Mars.”

L’isolement relatif de l’installation permet de mener des études de terrain rigoureuses ainsi que des recherches sur les facteurs humains. Dans le cadre de cette mission, l’une des membres de l’équipage WoMars se propose d’ouvrir un journal de bord où elle racontera les aventures de leur quotidien en tant que “martiennes”. Ou presque.

“Sur un fond de manque de connaissances et de confiance, les femmes envoyées dans l’Espace sont encore peu nombreuses. Il n’y a pas  de livres qui abordent les expériences féminines dans l’Espace et leurs défis physiologiques”.



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